Lundi 25 janvier 2010
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Nous ne sommes que lundi, et le speed de la semaine s'annonce.
A mon arrivée, j'avais déja 5 secrétines exclues de cours pour absence de tenue professionnelle et retard de 3 minutes.
J'imprime quelques circulaires et convocations me concernant, afin d'en remettre un exemplaire à la chef ; je fais tranquillement quelques photocopies quand not'adjoint arrive. Il salue les
secrétaires (les vraies), me salue également et m'annonce en claironnant : "Eh bien, vous avez un conseil de discipline de plus ! Malone a volé en stage !" Je soupire de joie.
Pendant que je trie mes photocopies, il aperçoit une convocation pour un autre conseil de discipline (celui où deux furies appartenant à Agathe ont déclenché une bagarre au théâtre de la ville
voisine, devant tous les spectateurs, obligeant les acteurs à interrompre la représentation, rallumer la salle, et finalement traînées dehors par leurs deux enseignantes pour éviter qu'elles ne
frappent l'administrateur du théâtre et qu'elle cessent leurs hurlements).
Il se met à fulminer parce que le motif sur la convocation est erroné.
" Prenez un stylo !", me dit-il sur ton agressif et peu aimable.
Je fais mine de me lever, mais c'était juste pour l'exemple :"Mettez "meurtre au lycée", et ce sera signé sans regarder !"
Bon.
Il est parti secouer une autre secrétaire (une vraie) parce qu'elle s'est plantée dans le motif (en même temps, on ne lui a pas donné de précisions).
Je me sers un café, et pars reremplir la cafetière. Je reviens et je vois le fulminant en manque de café ; je lui donne généreusement le mien, bien qu'il n'aie pas réellement besoin d'un
excitant.
J'ai compris seulement en fin d'après-midi qu'il s'apprêtait à négocier le calendrier des conseils de classes, et en particulier à veiller à une répartition équitable avec l'aut' adjoint qui veut
faire la sieste le midi et ne pas travailler après 17h.
Ca a été du sport.
Surveillance de cantine, puis : tomate pâlotte - nouilles poulet - yahourt compote. Youhou.
Peu de temps après, commission disciplinaire fantôme, ni parents ni élève. Bon.
Planification de deux autres commissions disciplinaires et du fameux conseil de discipline pour vol.
En descendant je retrouve Ibtissem qui s'aperçoit après 1 an et demi de classe qu'elle n'aime pas ce qu'elle fait. Elle s'absente souvent ; elle travaille 2 demi-journées et chaque dimanche de la
semaine. Elle est donc fatiguée et ne récupère pas. Au final elle est en train de flinguer son année.
Et se réorienter en bac pro 2 ans est impossible puisqu'ils disparaissent. Je ne sais pas bien que lui dire...
Quant à Younès, il m'explique les graves problèmes de santé de sa mère ; il est triste. Je lui remets une petite couche sur ses excès de familiarité avec ses enseignants ; je sais de source sûre
qu'il est impressionné par ma photo sur Facebook, mais qu'il ne m'invitera jamais à être son "amie", ouala c'est un coup à être convoqué le lendemain à 8h30 !
Marie, elle, m'annonce qu'elle est à la rue, mise dehors pas la maman, alcoolique et dépressive, hospitalisée depuis presque 1 ans, et qui a profité d'une "permission" pour se débarrasser de la
gamine qui gère tout, toute seule, depuis une année.
Les solutions envisagée par Marie sont bancales, mais elle se méfie des assistantes sociales ; elle acceptera tout de même de rencontrer celle du lycée. A suivre...
Un peu de café-papotage avec Gwen, une petite séance "dirdumal". L'électron de FO déboule pour me remercier d'avoir géré deux élèves exclus qui ne font pas partie de mes classes. Soit. Le problème
c'est qu'il enquille avec des histoires et des débats à n'en plus finir, irritée, j'en deviens désagréable. Il met un temps fou à partir, je bous, je lui balancerais bien mon bocal de
trombones.
Je me prépare pour un rendez-vous avec le père de Ridan. A voir le gamin assis à côté de son père, avec son sac sur le dos, sourire en coin et soupirs incessants, je monte en pression une
première fois.
L'entretien se poursuit, Ridan est posé là, attendant que l'orage passe. Le PP et moi le sommons de répondre à nos questions, vu que le papa, gentil, n'insiste pas beaucoup.
Et là... La phrase ! Celle qu'il ne faut surtout pas prononcer en ma présence : "Vas-y, c'est bon".
Je ne monte pas en pression, j'explose ! J'ai un top trois des phrases à explosion immédiate :
- Vas-y (on ne me tutoie pas et je ne vais nulle part)
- C'est bon (nan justement, c'est pas bon !)
- Fin (c'est moi qui dit quand c'est fini !)
On termine l'entretien par des résolutions aussi royales qu'inutiles, et on finit la journée à 19h10.
Demain c'est mardiyoupi et avec un peu de chance on va se cogner un jeudiyoupi avec les collègues CPE pour se foutre sur la yeule.
Encore quatre semaines...
Par Le Sioux Tapi
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Publié dans : Le sioux au boulot
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