Derniers Commentaires

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Mardi 10 novembre 2009
Non, je ne vais pas vous raconter la soutenance du rapport de stage de Clément, je n'y étais pas, je sais vous êtes déçus.

En fait, je vous avertis que si vous en avez ras le pompon des récits de mes mardi effrénés, vous pouvez cesser de lire ici, merci d'être passés, vous êtes chouettes.

Pour ceux qui y tiennent...

Déjà, il a fallu enchaîner trois réunions, alors qu'une seule suffit à flinguer un mardi. Nous avons reçu les surveillants qui avaient demandé à nous rencontrer pour râler.
Et râler c'est un droit de l'homme, c'est comme dirdumal.
Donc on les a rencontrés, on a écouté, on a dit non, on s'est engueulés entre collègues et on est partis pour le mardiyoupi.

Ça devient compliqué de trouver une place autour de l'ovale, je ne sais pas pourquoi mais on est de plus en plus nombreux. J'ai été obligée de cohabiter avec le chef des sous et presque avec la chef. Agathe et Charles étaient en retard (...), donc nous n'avons pas trop pu dirdumal, ça manque cruellement.
Un salmigondis d'inutilités diverses et variées, dix huit cafés, des delacres (pas moi, je suis raisonnable, pas comme certaines, pan !) suivis par quelques questions intéressantes, quelques vrais soucis soulevés, ont été ponctués uniquement par des exclamations "c'est SCAN-DA-LEUX !". Bon, c'est scandaleux depuis 6 ans, mais on ne bouge pas, ouh là, on attend la rénovation.
On va être rénovés, donc rien ne bougera. Sauf que c'est dans trois ans. Et que ça fait déjà x années qu'on traîne certains problèmes.
J'ai failli me mettre à bouillir, à m'énerver, mais finalement j'ai dit à Richard que je me mettais en mode vibreur et silencieux. J'étais encore placée à l'autre bout de l'ovale, j'étais censée parler en dernier mais j'ai décidé que je ne dirai rien. Mode vibreur.

A 12h10, seuls Richard et moi nous sommes levés pour nous rendre à une réunion avec les profs de ballon et de calipettes prévue à 12h15. On les a un peu regardé travailler, on était fascinés : ils n'avaient même pas de ballons, mais ils bossaient dur, ils écrivaient des trucs sur des vrais cahiers avec des stylos, ils se passaient des feuilles, ils calaient des dates et tout, on était sciés.
On a réglé le souci qui était l'objet de la réunion, et on est partis vers 13h00.

Direction cantine. Joie.
Il restait un monde fou. Je prends quand même mon plateau, passe ma carte et me fais délester de 5€ comme tous les midis.
Je prends 3 serviettes, alors qu'on n'a le droit qu'à deux, mais je plaide à chaque fois que je mange salement et qu'il me faut 3 serviettes.
J'arrive aux desserts, il en reste 1, une banane totalement pourrie. J'ai au moins 70 élèves derrière moi. J'avise la dame derrière la chaîne en lui montrant la banane, et en lui expliquant qu'il n'y avait plus de dessert. "La banane, le chef il a dit qu'on la mettait quand même !" Oui, mais il n'y en a qu'une et on est 70, je sens que ça va poser un souci de partage.
Je demande où sont les autres desserts. "Ah ben y en a plus !" Ah ben si, parce que dans la deuxième chaîne, il en reste plein je viens de passer devant. J'emmerde tout le monde, je bloque la chaîne, tout le monde attend, mais je m'en fous, déjà je ne veux pas une banane pourrie, et d'un, et de deux je ne vois pas pourquoi les élèves qui ont poireauté 3/4 d'heure pour manger un repas gastronomique n'auraient pas droit à un ramequin de deux centimètres de compote en boîte ou à une banane, nanméoh.
Ça gueule en cuisine, mais on finit par apporter 3 cartons de glaces (ça alors ! il y en avait !) qui sont distribuées aux élèves. Maia, one point.
Bon, moi j'en veux pas de glace, PAN ! (la chieuse)

Je vais manger, il reste quelques collègues, Agathe et Charles dépités qui viennent juste de quitter le mardiyoupi, et des profs qui me sautent dessus. Mes nerfs commencent à être mis à rude épreuve.

Je sors en dernier de la cantine, avec la ferme intention d'aller boire un café avant d'attaquer de programme de l'après-midi. J'aperçois mon surveillant fétiche aux prises avec un gaillard très grand et un plus petit, ça parle fort, ça agite les bras, ça chauffe quoi. Une affaire d'une gravité inouïe : deux plateaux non rapportés à la plonge, les deux élèves sont outrés qu'on les rattrape dans la cours pour aller en prison sans toucher 20 000 francs-ne-passez-pas-par-la-case-départ.

Il est trop tard pour prendre un café. Ma collègue Christelle arrive pour mener avec moi les deux entretiens avec des filles absentéistes et molles de sa classe. Le premier se passe correctement, j'arrive à faire la méchante en y croyant presque, bon.
Juste avant de faire venir la deuxième, Sarah arrive en pleurant dans mon bureau ; on lui a volé son téléphone portable, très beau et tout neuf, dans un vestiaire où il n'y avait QUE sa classe.
Une partie de la classe quitte à 15h00, il faut que j'aille faire monter la pression avant. Sauf qu'on doit recevoir une élève avec Christelle, et qu'à 15h00 je ne peux pas m'éterniser, j'ai une commission disciplinaire. Faute de me couper en deux ou trois, je monte gueuler pour le portable. En vain. Pendant ce temps, Christelle reçoit seule la deuxième élève.
Je redescends vers 14h55, je m'entretiens 78 secondes avec l'élève que je reconvoque pour jeudi. Agathe et Richard viennent dans mon bureau, Agathe me fait signe de l'appeler pour aller s'en jeter un, je lui dit que ça va être tendu pour cause de commission disciplinaire, et Richard récupère son agenda dans mon bureau, bon.

On monte, toujours avec Christelle (elle a une chouette classe), pour la commission disciplinaire.
Il y a un prof qui squatte le bureau de not'adjoint. Je pointe ma tête par la porte, mandieu c'est la tête de con du même syndicat que moi, celui qui me ferait renoncer à mes convictions (mais pas manger de la cervelle de mouton, référence Vincent D. inside).
Alors ce monsieur qui enseigne en BTS, est ul-cé-ré car on ne veut pas lui pondérer deux de ses heures de cours pendant lesquelles il n'a pas d'élèves.
En clair, il se roule par terre pour être payé 1H15 pour 1H effective de cours le mercredi matin, jour où ses élèves sont en stage. Donc pas au lycée. Pas devant lui. Pas en cours quoi.
Je vous rassure, le collègue touche sa paye intégrale en fin de mois, il a juste une demi-journée libre supplémentaire, mais il voudrait qu'elle soit payée une demi-journée-un-quart.
Pas gonflé quoi. Et ça commence à chauffer dans le bureau. (j'en profite pour aller faire pipi pour la première fois de la journée, le bonheur)

Je repasse la tête, la famille est arrivée, on a un quart d'heure (non payé) de retard, et je pense naïvement que not'adjoint va sauter sur l'occaz pour se débarrasser du fâcheux.
Nada, que couic.
Je me mets à bouillir dans le secrétariat, je n'arrive plus à me mettre en mode vibreur.
Christelle vient voir ce qu'il en est (elle discutait avec la maman dans le couloir). Christelle, quand on la voit, on la pense timide, fragile, peu sûre d'elle.
Elle me dit de la laisser faire ; elle entre dans le bureau, elle avise la tête de con, elle lui dit bonjour, puis dit à l'adjoint que ça y est, on peut commencer la commission, elle engage la tête de con à se lever, empêche physiquement (je vous jure) l'adjoint de le suivre, et hop. La tête de con part en beuglant et en menaçant l'adjoint de revenir avec plein de collègues et les textes pour lui enlever ses lunettes et lui mettre un coup de poing sur le nez pour faire valoir ses droits aux quarts d'heure.

On attaque.
 
Kevin a cessé de venir en cours depuis le 16 septembre, la maman a planté tous les rendez-vous planifiés, l'éducateur itou. Et là, en gros elle nous fait comprendre que Kevin a discuté avec son père pendant les vacances et que ça va aller mieux.
o_O
Euhhhhh, comment dire Madame.... Il n'est pas vraiment question qu'il revienne, hein...
Vous le forcez un peu à venir en cours ? Ah, il rentre chez lui après avoir fait semblant de prendre le bus, ok, mais ça fait 1 mois et demi qu'on vous le dit...
"Il est tellement dans sa coquille..."
Moui, ben Caliméro va retourner voir son éducateur, de toutes façons il ne VEUT pas revenir, il sèchera dit-il, résolu (au moins c'est clair), et reprenez contact avec le psy et l'internat, madame, il y a un vrai problème là...

Je redescends à mon bureau, on débriefe avec Christelle, on passe un coup de fil à notre élève, dont la mère est "écrivinte" (sic), qui hésite à rester ou à demissionner, sauf qu'il hésite tous les quinze jours et qu'on commence à perdre patience. L'écrivinte me noie dans un mélo imparable pour éviter de se prendre une soufflante et promet de me recontacter jeudi, comme c'était prévu pour ce matin et jeudi dernier déjà. Brèfle.

Soudain... un instant de répit... je n'ose y croire... et j'ai raison. Un prof individu occupant un poste de prof de math m'appelle, il ne trouve pas ses élèves. C'est assez courant pour lui, il se débrouille pour arriver avec 5 ou 10 minutes de retard, comme ça les élèves sont partis, il les note tous absents, et il rentre plus tôt, astucieux non ?
Il s'embrouille, il ne sait même plus quel groupe il devait avoir, il me fatigue... J'appelle quelques élèves sur leurs portables, ils se sont plantés entre la semaine A et B, le calendrier est effectivement mal foutu avec la date de retour de vacances. Bon. Je réglerai ça jeudi.

Soudain la tête d'ampoule de documentaliste du même syndicat que moi (et qui me ferait renoncer etc.) déboule dans mon bureau. Il y a quatre documentalistes. Le CDI est fermé pour la semaine parce qu'il y a une "pièce de théâtre" dedans (on a une salle de théâtre quand même...). La tête d'ampoule avait oublié que la conseillère d'orientation avait tous ses rendez-vous dans un petit bureau attenant au CDI ! Rha mince, zappée complètement la Cop !
Mais elle a une solution : la conseillère d'orientation pourrait faire ses entretiens dans mon bureau. Parce que moi, dans mon bureau, je fais juste décoration, c'est pas comme si j'avais du boulot, des entretiens, des coups de fils, des élèves, des vols de portables, des exclus, des collés, des collègues, des fâcheux, et quelques nespressos, ok.
Ben en voila une solution qu'elle est simple !
Devant mes yeux écarquillés et mon début de refus pas encore violent mais ça vient, elle propose sinon le bureau des surveillants. Ben oui, c'est pas comme s'ils bossaient aussi.
Je suis lasse, mais lasse ! Je la renvoie dans ses cordes, lui conseille de monter à l'AAAaaaadministration pour trouver une solution à leur connerie, parce que là, je vais lui exploser le filament, à l'ampoule.

Je parviens à rappeler Agathe avec le vague espoir d'aller enfin s'en jeter un. Elle est dans le même état que moi, ras le pompon du club Mickey où elle apprend par les élèves qu'un prof a démissionné et est déjà remplacé par d'autres collègues, que l'assistante de la chef de travaux n'a pas réussi à passer deux coups de fil en 48h00 pour que des élèves aient simplement cours (cours quoi, comme dans un lycée) avec la solution qu'elle avait elle même concoctée, etc. Et elle doit partir, donc on s'encourage mutuellement et on ne boit pas.

Gwen et Christelle reviennent pour parler du voyage en Angleterre et des élèves qui n'ont pas la nationalité française. Je veux me reconnecter sur internet pour consulter les démarches à faire, j'ai procédé de la même manière l'an passé.
"SITE INTERDIT ! VIOLATION DES DROITS de je ne sais quoi ! CE SITE NE REPRESENTE AUCUN INTERET PEDAGOGIQUE !"
La vache !
Je retente le coup quand même ; idem. Alors qu'hier je suis aller pêcher les photos que vous avez pu voir dans mon dernier article, hum... Ça, ça avait un intérêt pédagogique faut dire !

A 18h00, commission disciplinaire, pour varier les plaisirs. Juste avant, Alex me chope au secrétariat parce qu'il n'arrive pas à transformer quatre pages A4 en une page A3 recto-verso. Je lui montre mon talent, je l'humilie devant ses élèves, je l'oblige à se prosterner, je brille, enfin bon, j'ai commission là tout de suite. Mais j'ai au moins sauvé Alex que j'aime beaucoup, donc c'est quand même un plaisir. Et il n'est pas syndiqué comme moi, je vais ptet renoncer à mes convictions...

Commission disciplinaire enfin !

Sans élève et sans parents.

J'ai un petit coup de barre quand même, il fait froid dans le bureau de l'adjoint, et lui-même perd la voix. On décide de lancer les procédures lourdes et urgentes de signalement de mineur en danger, parce que la situation est assez hallucinante. Mais dieu merci allah akhbar on a une super assistante sociale qui va s'en occuper jeudi.

On glose un peu, les deux collègues profs parlent de moyens supplémentaires pour accueillir des élèves en difficulté, mouahahahaha, et elles n'ont même pas encore bu !

Il est 19h00, il fait nuit, il manque des documentalistes ampoules dans les couloirs, il y a une élève (que je ne connais pas) debout et sa maman assise par terre en larmes qui attendent le proviseur et une décision sans doute douloureuse. Je m'arrête, je cherche un peu et je trouve deux chaises, dont une en formica type deschiens, et la maman me remercie en pleurant encore plus, je ne m'attarde pas, elle risquerait de me raconter...

A 19h10, je trouve dans mon courrier le DVD live de Vincent Delerm qui ne sort que la semaine prochaine (Cécé, PAN ! ).

Heureusement... il y a un temps pour tout !

... Il y a un temps pour tout !

Par Le Sioux Tapi - Ecrire un commentaire
Publié dans : Les mardi du sioux - Voir les 6 commentaires
Vendredi 6 novembre 2009
Au lycée, on a une super spécialité, c'est technicien d'usinage. On appelle les élèves de cette section les "téü". On a eu que des classes de fous dans cette section, à une exception près, les terminales de cette année.
Déjà ce sont les miens (eh oué), en plus il y a une fille (dans une section très masculine, je suis sûre que c'est déterminant pour bouleverser en bien une ambiance de classe).
Donc eux, MES téü, tout le monde les aime, ils ne sont pas fous.

Du coup, on arrive à bien bosser avec eux, ils sont charmants, on les a emmenés en voyage en réussissant à ne pas les perdre ou les retrouver saouls, ils sont sérieux globalement, on est contents. Et c'est rare qu'on soit contents.

En entreprise, ça se passe très bien, ils sont au top, ils comprennent, ils s'impliquent, tout est nickel.

Là, on est dans la période où ils vont soutenir leurs rapports de stage. Je fais partie du jury pour la moitié des élèves.
Et ce soir, dans mon bureau, devant un café avec Titi (qui ne les a pas) et Minot (leur prof principal qui est le plus jeune du bahut), ils se gondolent tous les deux à l'idée du rapport de stage de Clément.
Je ne suis au courant de rien, sympa, bon.
" Mais si, mouhahahahaha, tout le lycée est au courant" me dit Minot, "je suis sûr de t'en avoir parlé !" Ben nan, et je suis vexée.
En attendant Titi est hilare et j'ai envie de savoir.

Pour info, technicien d'usinage, c'est l'ancien tourneur fraiseur, il fabrique des pièces métalliques pour l'industrie, les voitures, les avions, en gros quoi. En plus qualifié maintenant parce qu'ils ont des machines à commandes numériques pour se la jouer.

Et là Minot me raconte qu'il a fait la visite de stage de Clément l'an passé ; la tutrice de stage était contente de notre élève.
Minot a demandé dans quel domaine précis il avait travaillé, c'est là que la tutrice s'est un peu embourbée en expliquant que l'automobile se cassait un peu la yeule et qu'ils avaient dû se "diversifier".

Bon, ben oui, très bien, c'est normal. Elle est quand même toute rouge la tutrice.

Ils fabriquent ce genre de pièces :



Vous voyez ? Non, pas vraiment ?

Il y  ça aussi :



Toujours pas ?

Et ça :



Ça vous parle ?

Bon en fait, tout tourne (ou fraise) autour de ça :



Ben oui, Clément a usiné des sextoys artistiques en alu. Ça va, lui, il est zen, il en a parlé à ses parents, il est hyper sérieux et c'est du travail minutieux du métal, tout roule.

Minot lui, il a des images effrayantes dans la tête, il fait des cauchemars de "boule de caravane dans le cul" (ils sont vulgaires les profs d'atelier) et de "bijoux d'anus en métal où on peut accrocher une plume", il découvre la vie, le Minot.

En tout cas, une chose est sûre, je VEUX être là pour la soutenance du rapport de stage.



Par Le Sioux Tapi - Ecrire un commentaire
Publié dans : Le sioux au boulot - Voir les 10 commentaires
Dimanche 11 octobre 2009
C'est quand même la plaie d'aller à l'école, même quand on est passé du meilleur côté du bureau.

Angoisses au coucher :
 
- Avant : j'ai pas fait mes maths, il faut que je les case dans l'heure de trou juste avant, et on va se payer une interro en latin, va falloir décliner longum iter et se ridiculiser au tableau, la dissert est pour dans 3 jours, j'ai pas l'ombre d'une problématique etc.

- Après : il faut que je pense à punir ce ptit con qui ne fait jamais ses maths et les recopie sur un pote dans l'heure de trou juste avant, faut que j'intervienne dans ce cours de latin, la classe s'en fout, je vais me ridiculiser au tableau, je dois rédiger ce projet de mémoire, je n'ai pas l'ombre d'une problématique...


Il faut se lever tôt :

- Avant : déja le réveil ??? C'est pas possible, ça fait 10 minutes que je me suis endormie ! Aller, il va sonner 5 fois toutes les 7 minutes, j'ai le temps de réaliser... han c'est déja la 5ème fois, je suis au bord de me rendormir, je suis bien, je suis au chaud... mais je vais louper mon bus. En plus, je ne suis même pas malade, y a rien à négocier, pff. Et sécher quand sa mère est prof au bahut, hum...

- Après : déja le réveil ??? Après deux isomnies de 3 heures chacune, je commençais à trouver le sommeil avec le 5-7 de france info ! Il va sonner 11 fois toutes les 9 minutes, j'ai le temps de réaliser... han, j'ai failli me rendormir ! Je serais bien au lit si le chat n'insistait pas autant pour que je me lève... j'ai pas d'autre excuse, je n'ai pas de bus à prendre. En plus je ne suis pas malade, et je ne peux quand même pas sécher, je me ferais engueuler par moi-même.

Arrivée au bahut :

- Avant : ah coul, les potes, les copines, on a 10 minutes avant que ça sonne pour se raconter ce qu'on s'est déja dit la veille au soir au téléphone après l'avoir vécu ensemble le jour d'avant ! T'as fait tes maths ? Super, je te les prends en perm, si tu veux, j'ai fait la moitié de l'anglais. Tu penses qu'il y aura interro en latin ? Tu peux me redire l'accusatif et le datif pour longum iter ?

- Après : ah salut les collègues... nan je sais pas j'arrive juste là... pas trop fort... non je ne suis pas encore passée par mon bureau, ouioui j'ai lu tes mails pendant mon insomnie et j'ai eu le message de machin, mais je savais déja ce qui s'était passé la veille, c'est juste que je n'ai pas rappelé, ah bidule, faut que je passe dans ta classe hein, et faut que je voie avec truc pour punir celui qui pompe ses maths en perm, oui machine, mais fais moi un mail parce que j'oublie tout, tu peux me redire le nom et la classe de celui qui veut arrêter le latin ?

Journée au bahut

- Avant : longue, fatigante, cantine dégueu juste avant le cours de sport, mais deux heures de trou au lieu d'une, maths recopiées en 1/4 d'heure, café au foyer après avec les copains, en plus c'est Liza qui est passée sur longum iter !

- Après : longue, fatigante, cantine dégueu. Café-clope avec Agathe, mais dehors sous le garage à vélo...J'ai pas trouvé le recopieur de maths, il a séché, et puis finalement maia n'arrêtera pas le latin, sa mère ferait une syncope.

Sortie de classe

- Avant : AYE ! ça sonne, faut que je speede sinon je vais rater mon premier bus, mais faut que je te raconte ce qu'on s'est écrit avec bidule pendant l'histoire-géo, ok on s'appelle ce soir, c'est toi qui téléphone parce que mon père à gueulé hier vu le temps qu'on est restées ! Je réfléchis à la problématique pour la dissert, je te la donne demain, tu me dis ce soir pour la traduc en allemand ?

- Après : AYE ! ça sonne, punaise j'ai cru que cette journée ne finirait jamais ! Allez les élèves, là, dispersez vous, prenez vos bus, ne restez pas à glandouiller devant le lycée, vous aurez le temps de flinguer vos forfaits de portable à la maison, essayez de bosser un peu entre-temps ! Bon encore des coups de fil à passer, des parents à voir, une commission disciplinaire, et pour bien faire faudrait aller à carouf...

Rentrée à la maison

- Avant : ça a été ? tu as eu des notes ? tu as du boulot ? quand sont les contrôles ? et ta dissert ? tu as bossé le piano ? Liza a appelé tu pourras la rappeler après le dîner. Bon allez, goûter, piano, et boulot (en tout cas installation devant le bureau avec Jeune et Jolie sous le livre d'allemand), oreilles en alerte pour l'arrivée d'un parent. A table ! Pwark, des artichauts.

- Après : ... Non je ne réponds pas au téléphone, j'en peux plus de parler, j'ai pas fini mon boulot, je pense très fort à mon projet de mémoire mais ça s'arrête là, je lis compulsivement mes mails de boulot, il y en a 31 depuis mon départ du bahut, je réponds en surfant sur le net et je lis Cosmo sans complexe. A table ! Erf, il ne me reste que des céréales et un yahourt, pas le courage d'aller à carouf.


Et le temps passe, d'hier en demain...
Par Le Sioux Tapi - Ecrire un commentaire
Publié dans : Les états d'âme du sioux - Voir les 14 commentaires
Mardi 6 octobre 2009
Il y a quand même des choses avec lesquelles on ne rit pas. Une réunion de direction, c'est un moment clef dans un établissement scolaire.

Avant de me rendre à cette réunion, j'ai rétracté, que dis-je, lyophilisé un élève. Ça m'a pris un peu de temps, et je suis arrivée en retard en réunion, j'ai horreur d'être en retard.

La réunion était déjà assez animée lorsque je suis arrivée, il y avait beaucoup de monde autour de la table ovale, j'ai failli ne pas trouver une place.
J'ai essayé de récupérer le fil de la réunion pendant qu'Agathe, inquiète, me confiait qu'elle s'apprêtait à appeler les pompiers devant ma disparition.

Au moment où j'ai récupéré la discussion, on en était à rappeler qu'il fallait im-pé-ra-ti-ve-ment nettoyer la rampe entre le premier et le deuxième étage de l'escalier B.
Madame Clefs a enchaîné en disant que le matin en arrivant, elle était épouvantée par l'odeur dégagée par les toilettes. Les causes ? Eau croupie, absence de produits désinfectants (même si certains pensent que ce sont les produits qui sentent mauvais, Agathe a rappelé que c'est surtout l'absence de produit qui produit les odeurs).
La chef s'est exclamée que les garçons font souvent pipi à côté, et même les filles parfois !
Agathe a judicieusement fait remarquer qu'il n'y avait pas d'urinoir, ce qui est une bizarrerie locale.
Delphine, elle, a souligné le fait que ce qui complique la volonté de propreté dans les toilettes, c'est la présence de matières fécales dans le distributeur de savon.

Je me suis servie un café.

Nous avons ensuite abordé les points à évoquer lors de la réunion-engueulade à laquelle nous sommes tous conviés cette semaine, enseignants compris.
Un des points de fixation est le problème des exclusions de cours. La chef promet de rappeler que les exclusions doivent rester ex-ce-ptio-ne-lles, lorsqu'un élève se met en danger, ou met ses camarades en danger, ou bien empêche totalement le cours de se dérouler.
Agathe a jugé bon de préciser quelques autres motifs valables d'exclusion ; en effet, l'oubli de livre ne justifie pas une exclusion, de même que l'oubli de compas. EN REVANCHE, l'oubli de rapporteur !!! Ah non, ça, le rapporteur, ce n'est pas tolérable. Il faut tout de même raison garder. Surtout que (je cite Agathe) "il y a des profs olé olé et d'autres psychorigides".
Pour conclure, Agathe a ajouté qu'il était difficile de respirer sans rapporteur.
Il y a eu des bavardages parasites autour de la table, toujours au sujets des motifs d'exclusions de cours, alors que nous évoquions l'épineux sujet du rapporteur, quand une petite mélodie bien connue nous est arrivée aux oreilles..."le bon sens n'est pas la chose au monde la mieux partagée, héééé oui...".
Surtout sans rapporteur.

J'ai repris un café.

Delphine, un peu survoltée, a raconté le cas d'un élève exclu 4 heures, alors qu'il avait son rapporteur mais pas son livre. Sauf que cet élève, on le connaît tous, c'est un pénible professionnel, et Agathe a proposé de l'envoyer dans le Queyras, là où le lycée fait des voyages annuels. Et de l'y laisser toute l'année. Et la montagne sans rapporteur...

De plus, les enseignants sont versatiles ; un jour ils acceptent un élève en retard, le lendemain pas ! "C'est une question de lune" a dit Agathe.

Not' adjoint a précisé également qu'il devenait préoccupant que les ordinateurs ne soient pas éteints avant la fermeture du lycée et restent ainsi allumés toute la nuit. Il faut savoir que si les ordinateurs restent allumés, les ours blancs vont arriver. Et un ours blanc, ça ne rigole pas.

Le collègue syndicalo-sicilien est intervenu pour partager sa difficulté à voir not'adjoint préoccupé par la banquise ; les enseignants ne cessent de le solliciter, il faut quasiment s'allonger en travers de la porte pour les empêcher de passer, a-t-il dit.
La chef lui a répondu que comme il était trop petit, ça n'avait pas marché.
D'où les ours.

Une bonne nouvelle ! Les dates de stages des sections industrielles sont arrêtées !  Nous sommes contents mais nous ne les avons pas reçues, c'est dommage, nous aurions été informés du déroulement de la scolarité de la moitié de nos élèves. Charles a l'explication : ce sont les femmes de services qui ont eu le mail, pour nous c'est en cours. Ouf !

Cela faisait deux bonnes heures que nous travaillions avec acharnement à résoudre ces dysfonctionnements et à préparer une semaine de travail constructive, lorsque Delphine, sans doute un peu déprimée et fataliste, a lâché dans un chuchotement à mon intention : "j'entends parler des profs, des profs, des profs ! mais personne n'a pensé au gaz Sarin ?"

Il était temps pour nous de regagner nos tâches quotidiennes (cantine, tags, élèves exclus, réunion parents profs, plannings, logiciel d'absence qui ne plaît qu'aux cpe alors que tout le monde sait bien que c'est l'autre qui est infiniment mieux pfff, élèves à lyophiliser, etc.)

Mais ça change d'avoir une réunion du mardi efficace et productive.


Youpi !
Par Le Sioux Tapi - Ecrire un commentaire
Publié dans : Les mardi du sioux - Voir les 3 commentaires
Lundi 5 octobre 2009
- Hey madame, bonjour ! Vous avez dit qu'on pouvait venir vous voir plus souvent ! Alors voila, je viens ! [grand sourire]

- Oui ben tu tombes bien, Younès, ferme la porte. Assied toi. [tête de cpe]

- ...

- Alors dis moi, Younès, tu t'amuses bien le samedi matin ?

- Euh... [tête qui fait semblant de réfléchir]

- Tu n'aurais pas un peu tendance à traverser les couloirs pour aller faire le guignol dans une classe qui n'est pas la tienne ? Ça ne te suffit sans doute pas de faire le guignol dans ta propre classe ?

- Euh euh, moi moi ??? [semble vouloir monter sur ses grands chevaux]

- Oui mon ptit bonhomme, parfaitement ! Et tu sais très bien de quoi je parle !

- Et...et... est-ce que je suis le seul ?

- Non mais tu es celui qui entraîne tous les autres, je le sais aussi ! D'ailleurs je t'ai déjà dit que tu te sentais un peu trop à l'aise pour un élève de seconde, et ça se confirme ! Tu m'as l'air de penser que les profs sont tes amis ! J'ai eu des échos surprenants !

- Ah bon ? [yeux écarquillés de celui qui fait semblant de ne pas savoir]

- Tu n'aurais pas voulu faire la bise à ta prof d'anglais en fin de cours pas hasard, hum ? [PAN !]

-... [rétracté]

- Et tu ne lui aurais pas proposé de lui arranger un plan avec le prof d'atelier ? [IPPON]

- ... [tête d'aplati]

Je vous passe la litanie des mises au point et menaces diverses qui s'en sont ensuivies, je connais le grand frère, les parents (pas de chance), et j'ai bien l'intention de leur narrer tout cela par le menu, effet garanti, hin hin.


J'ai dans l'idée qu'il ne va pas forcément avoir très envie de venir souvent  .

Par Le Sioux Tapi - Ecrire un commentaire
Publié dans : Le sioux au boulot - Voir les 5 commentaires
Vendredi 25 septembre 2009
... d'un apéro bien sympa, je devrais y penser plus souvent, ça réconcilie avec tous les Karim ou Charles du bahut ! Bon week end à tous, youhouh !
Par Le Sioux Tapi - Ecrire un commentaire
Publié dans : Juste un truc en passant... - Voir les 5 commentaires
Mardi 22 septembre 2009
Parfois les réflexions des élèves me laissent pantoise, mais celles de certains collègues peuvent me plonger dans un abîme de perplexité et d'amertume.
Par Le Sioux Tapi
Publié dans : Les états d'âme du sioux - Voir les commentaires
Vendredi 18 septembre 2009
Ma nuit est juste une insomnie entrecoupée par quelques trop rares minutes de sommeil.

Par Le Sioux Tapi - Ecrire un commentaire
Publié dans : Les états d'âme du sioux - Voir les 4 commentaires
Mercredi 16 septembre 2009
Je n'ai jamais autant de commentaires que quand je parles de chiottes.

Je m'interroge.

Par Le Sioux Tapi - Ecrire un commentaire
Publié dans : Juste un truc en passant... - Voir les 9 commentaires
Lundi 14 septembre 2009
... c'est juste un mardi anticipé.

Je passe ma journée de boulot. Top.

J'avais remarqué une petite fuite continue dans la cuvette de mes toilettes. J'avais observé longuement et sous toutes les coutures le mécanisme de la chasse d'eau, les joints, le robinet etc. J'ai conclu que le mécanisme avait vécu. RIP le mécanisme.

Forte de mon expérience de démonteuse de lave-linge, j'avais décidé d'aller acheter un mécanisme à casto ce soir. Gaillardement après le boulot, je suis allée -très à l'aise et sûre de moi- acheter un mécanisme, sous l'oeil amusé et machiste des clients habituels de casto.
Je trouve hyper vite, c'est standard, simplissime, hop là dans une demi-heure c'est plié.

Il est 19h00.

Je tente de fermer le robinet d'arrivée d'eau. Tiens, il ne ferme plus alors que ce matin, ça tenait encore, étrange. Qu'à cela ne tienne, je suis un sioux, je sais où est la vanne d'arrivée d'eau sur le palier, je vais la fermer. Classe. Rien ne m'arrête.

Je vire consciencieusement l'ancien mécanisme (RIP le mécanisme) et je lis quand même la notice du nouveau - 3 pages, mouahahaha cte blague- avant de me lancer. J'y vais étape par étape, les boulons papillons hop, le tuyau d'arrivée hop, tout était hop.

Et puis il faut dévisser les tiges qui tiennent le réservoir à la cuvette. C'est là que j'ai commencé à m'amuser. Au début, j'ai voulu rester dans les toilettes, environ 20cm² d'espace vital. J'ai un peu mal au dos.
Bon je vais transporter le réservoir dans la salle de bain, plus grande, et dévisser ces foutues tiges. Qui résistent. J'attrape deux pinces, je tiens le boulon avec l'une des deux, la vis avec l'autre et je force comme une malade. Rien. Pas un nanomilimètre de jeu.
Bon. Je vais attaquer l'autre côté, ça va me mettre en forme. Rien à faire, je me demande pourquoi on a fait appel à Hulk pour visser mon réservoir.
Je lutte 3 bons quarts d'heure, j'ai le dos vrillé, les mains qui commencent à flancher.

Je me pense. Je me dis, tiens mais en fait pourquoi les changer ces vis, elles sont très bien finalement, et puis elles tiennent (...), je ne vais pas mettre les nouvelles, mouarf, j'ai réponse à tout, je suis Mac Gyver.

Je fixe la première partie du mécanisme (le nouveau), je réenquille les tiges fossilisées dans le réservoir, le gros joint (non Agathe) mousse, et j'entreprends de revisser les boulons papillons.
Je suis obligée de forcer comme une armée de russes, je suis sur le dos dans mes 20cm², les jambes repliées, à essayer de faire monter le plus haut possible ce nardin de papillon sa mère.
D'un côté, ça marche à peu près, de l'autre c'est précaire. Je suis un peu fatiguée.
Le chat fourre son nez partout, il m'agace, je commence à lui parler, ma patience s'émousse.
Je finis par avoir l'impression que j'ai vissé au maximum, et qu'une goutte d'eau ne s'échappera jamais.
Je fixe le robinet d'arrivée d'eau, je zyeute mon oeuvre et je me dis : allons-y, ouvrons les vannes youhouhhh.
J'ouvre, le robinet fait son effet, le réservoir se remplit, je suis un sioux de compétition.

Sauf que ledit réservoir entreprend dans le même temps de se vider par le bas ; joint mousse ? boulons papillons ? Aucune idée, mais ça inonde bien. Je cours refermer la vanne sur le pallier (put*** de robinet d'arrivée d'eau, ce serait plus simple nomdediou). Sauf que le réservoir qui s'était rempli sous mon oeil attendri, se vide petit à petit et qu'il compte bien se vider jusqu'à l'ultime goutte.
Je ne peux même pas placer un seau, la fuite est centrale.
Pour éviter l'inondation totale, je dois écoper ; je trouve un gobelet et j'écope. Je me ruine un doigt sur la céramique poreuse à cause des frottements.
Je dévisse le robinet d'arrivée d'eau et le laisse se vider doucement dans un seau, sur le côté. Je m'éloigne un peu pour essayer d'enrayer la ressemblance avec Quasimodo, j'ai les reins en compote.
Et là ! J'aperçois ce fumier de chat qui va renverser le seau ! Là, je m'énerve, ma patience s'émousse d'un coup. Je crie sur le chat, qui s'en fout.

Après avoir épongé et écopé, je décide de me penser à l'intérieur de moi-même. Que faire ? Si je ne remets pas la vanne en route, je n'ai pas d'eau (nulle part), si je la remets en route, je fais arrosage complet des toilettes et plus si affinités.
Je suis à califourchon sur ma cuvette de chiottes, j'ai faim, je suis fatiguée, demain c'est mardi, il pleut, la vie est injuste.

Je parviens à la triste conclusion que les vieilles tiges ne font plus leur office, laissent passer l'eau et empêche le gros joint mousse de faire son effet.

Il faut décider quelque chose.

Je redémonte tout. Les deux tiges sont in-a-mo-vi-bles. Rien à faire. Nada. Que couic. Je me ruine inutilement les mains et le dos une nouvelle fois, un bras dans le réservoir, l'autre sur la tige extérieure, je fais ça à l'aveugle, c'est très plaisant. Bon.
Il me faut de l'aide.
Mon voisin d'en face à dû entendre tout mon remue ménage, mais ne bouge pas d'un pouce.
Il y a bien le neveu de ma voisine d'en dessous, il n'est pas du tout bricoleur, je suis carrément un experte à côté, mais il mesure 1m90 et a des mains de la taille d'une poêle, et des muscles masculins, ce qui doit quand même m'aider.

Je descends mon réservoir hérissé de ses tiges. Je suis lasse mais désespérée.

Il s'attaque aux tiges, ça lui prend quand même un sacré temps, comme quoi je n'étais pas une mauviette sans raison valable, et finit dans un effort surhumain accompagné d'un râle, par dévisser ces tiges, en mettant 20 minutes pour les désolidariser de leurs boulons respectifs.
Je reprends du pwal de la bête, hahaha !

Je remonte mon réservoir, j'y installe les tiges neuves et le gros joint mousse, et c'est reparti pour un petit tour sur le dos pour réinstaller les boulons papillons (joli nom pour une saloperie de bidule qui me tue les doigts).
Je serre, je serre, je serre, mon corps entier crie "au secours" mais je ne peux pas m'arrêter sinon pas de chiotte et pas d'eau possible (rapport au robinet défectueux).

L'heure de vérité va sonner avec la remise en eau : ça marche !!! Pas une fuite, pas une inondation, pas une goutte par le gros joint, pas une goutte par les tiges et leurs papillons sa mère, rien ! Ca mar-che !!! Youhouh !

Le reste n'est que formalité, clipsage du bouton poussoir avec le câble du mécanisme, ça tire la chasse, je m'émeus devant ce spectable émouvant. Je suis épuisée, mon dos et cassé en deux, je n'ai plus de peau sur certains doigts et les articulations qui ont doublé de volume, mais je peux faire pipi.

J'entends les glouglous du réservoir qui se remplit, qui s'arrête au bon niveau, la tension se relâche.

J'ouvre le battant. Dans la cuvette, je découvre avec consternation la petite fuite d'origine.

Je jette l'éponge, les outils, les boulons restant, les papillons, les serpillères, la notice, le chat, je jure, je suis au désespoir alors qu'on est pas encore mardi.

Il est 22h46.

Youpi.
Par Le Sioux Tapi - Ecrire un commentaire
Publié dans : Les états d'âme du sioux - Voir les 12 commentaires
Jeudi 10 septembre 2009
Une collègue de lettres voulant me faire plaisir (...) vient me raconter qu'elle a fait un petit tour de table avec ses élèves de CAP.

Elle leur a demandé de citer quelque chose qu'ils aimaient vraiment (ne me demandez pas quel est l'objectif pédagogique de cette activité ).

Eh bien il y en a un qui a dit qu'il adorait sa CPE ! Et c'est moi, sa CPE ! Si ce n'est pas une nouvelle réjouissante ça ! T'imagines, elle me dit, il a déja compris que tu étais un élément indispensable à sa scolarité ! (la collègue était ravie de me ravir, sauf que je fronce les sourcils)

- Et c'est qui cet élève ?
- Karim.

...

Donc demain, je vais remercier Karim pour sa déclaration d'admiration devant sa classe et son professeur en lui proposant d'assouvir sa passion chaque vendredi de 16h00 à 18h00, comme pendant ses premières heures de colle.

Je vais a-do-rer !
Par Le Sioux Tapi - Ecrire un commentaire
Publié dans : Le sioux au boulot - Voir les 8 commentaires
Mardi 8 septembre 2009
Le mardi, c'est n'importe quoi !

-Bonjour Karim, assieds toi. Tu as été absent hier pendant deux heures parce que tu ne t'es pas réveillé ? Un jour de reprise des cours ? En première année de CAP ?
- Oeumg...
- Pardon ?
- Oué...
- On dit oui.
- Oui.
- Et ça ne te pose pas un problème ?
- J'paféxprès...!
- Encore heureux ! Mais tu te souviens de ce que j'ai dit en classe le jour de l'accueil ?
- Mmm ?
- On dit oui.
- Oui, qu'il fallait pas être en retard.
- Entre autres, oui. Et qu'il fallait être poli, s'exprimer de manière intelligible et se réveiller à l'heure me paraît un minimum.
- J'paféxprès...!
- J'AI COMPRIS ! Le problème c'est justement que tu n'aies pas fait exprès de ne pas le faire (là j'ai senti que j'avais fait une phrase trop longue) !
Je prends ton billet d'absence et je te colle deux heures vendredi.
- HEIN ?!
- Alors mon ptit bonhomme tu vas baisser d'un ton, parce que on est mardi ce n'est pas un jour où j'ai envie de rire, et tu n'as rien à négocier, tu es en tort.
- ...
- Bien, je l'écris dans ton carnet... Tu peux aller en cours. Au revoir, bonne journée  !
- Mercimpff, bonne journée aussimpf.

Voila. Karim, 1 mètre 12, qui pense que le lycée, c'est une grosse marade.

A 9h30, le fameux mardiyoupi. N'importe quoi !

Richard (collègue cpe des premières) me dit qu'il a la grippe A de l'oeil ; il a une conjonctivite, il est ludique.
Charles et Agathe sont en retard.
On nous annonce que tous les cpe doivent emporter une boite de mouchoirs dans leurs bureaux ; en général on en a déjà parce que ça pleure souvent, mais là ce sont des mouchoirs sponsorisés par la grippe A, et pas que de l'oeil.
On propose quand même à Richard de se coller un mouchoir sur l'oeil. On envisage aussi de bâillonner certains collègues avec des masques.
(je rappelle qu'on est en réunion de direction)
A un moment on a "sauté" une secrétaire a dit la chef en lui donnant la parole en retard ; Delphine s'écroule, totalement gondolée. On ne la félicite pas.
Richard rigole mais ça le fait pleurer de l'oeil qui a la grippe.
En plus il est à côté de moi, je suis inquiète.
Charles sert du café à tout le monde sauf à moi.
On essaie de déterminer à quel stade de la lune on en est, rapport à l'Aïd qui risque de tomber au milieu d'une sortie scolaire de deux jours.
Je connais la date de début du ramadan, et crois me souvenir que la lune était rousse il y a quelques temps.
Et là, Agathe nous explique que hier, elle a regardé la lune avec beaucoup d'attention, qu'elle n'était pas pleine (la lune, parce qu'Agathe on se demande...), et qu'elle était... j'essaie de l'aider "gibbeuse ?" (la classe non ?)...
- Cabossée, dit-elle, accompagnant son propos d'un geste improbable censé montrer un rond mais de biais (sauf qu'un rond, même de biais, c'est un rond, là le problème c'est qu'il doit manquer un bout du rond, mais Agathe elle est limite en mime). Du coup elle attaque les Delacre.
Pendant ce temps la chef comptait les jours sur son agenda, lorsque OHHHHHHHHHH, le 17 il y a une lune dessinée sur l'agenda !!!!!!!!!!!!! Donc c'est l'Aïd !
Il s'avèrera que pas du tout. Brèfle.
La chef nous explique aussi que c'est scandaleux, en recevant la famille d'un élève exclu qui menace de nous dénoncer à la Halde, le tout petit frère à joué sans autorisation avec les figurines de lapins disposées en forme de salle de classe qui ornent joliement une partie du bureau du proviseur, et qu'il a CASSE UN LAPIN !!! C'est scandaleux, vous vous rendez-compte ??? Il a CASSE UN LAPIN ! Les familles ne savent plus élever les jeunes !

Richard jette le masque l'éponge, et part à la pharmacie montrer son oeil grippé, dans l'indifférence quasi générale.
Quasi, parce que subitement, mon oeil gauche me démange, je suis contaminée c'est sûr. Mon oeil me pique durant tout le reste de la réunion.
Le NPA (nouveau proviseur adjoint) casse un peu l'ambiance : "ok je suis en observation mais le premier qui me court-circuite, ça va châbler".  (je traduis avec mes mots, mais ça revenait à ça...)
On s'est tous demandés ce qu'on avait fait comme bêtise. On n'a pas trouvé. Bon.
Comme Agathe, Charles et moi sommes en bout d'ovale de table, plus personne n'écoute ce qu'on a à dire.
On se dirige vers nos bureaux avant de rejoindre (joie !) le réfectoire, comme de bonnes poires que nous sommes.
Agathe doit passer me prendre au bureau toudisouite.
Je moisis une demi-heure.
On finit dans le ref, à 5 ou 6, et finalement on se gondole comme des noeuds, Richard à des antibios pour sa grippe de l'oeil, on glose sur la réunion cruciale de ce matin...

J'aperçois un minufle d'1 mètre 12 (ça devait être ma journée à thème) qui gruge toute la file d'attente.
- Vous allez où comme ça, jeune homme ?
- Ben je me mets dans la file, je ne peux pas faire la queue, elle est mal organisée votre cantine !
- Ma cantine ?
- Oui, il faut aller voir votre administration, ça ne va pas du tout...
(je suis sciée quand même)
Je ne vais jamais avoir le temps de manger tranquillement !
- Vous avez fini à quelle heure ?
- 12h30.
- Et vous reprenez à quelle heure ?
- 14h00.
- Comme tout le monde quoi ?
- Oui mais euh...
- Bon écoutez, la cantine n'est pas obligatoire, si vous souhaitez déjeuner ailleurs, grand bien vous fasse, mais vous ressortez, vous ne passerez pas devant tout le monde.
- C'est mal organisé votre cantine... (et là son copain qui me connaît lui souffle de lâcher le morceau, parce que mon agacement pointe...)

Il m'a chauffée, ce minufle.

Richard me dit : tu sais qui c'est ce gamin ?
- Ben non...
- C'est le fils de [député socialiste en crise d'adolescence politique] !
- Ahhhhhh ! Je ne savais pas ! Ben il s'en est pris une couche mémorable, il peut aller demander à son père une nouvelle cantine, mouahahahaha.
Et là, le collègue syndicalo-sicilien me dit : le jour où il sera président en 2012, tu feras la plonge !
N'importe quoi, mais on rigole.

On va manger à 5 CPE, on se fait coller aux basques par l'électron de FO qui vient nous gonfler avec ses exemplaires de Informations Ouvrières. Je le préviens d'emblée que je me suis fait agresser virtuellement par un adepte de la secte POI, et qu'il peut se brosser longuement avant que je débourse une pièce de 50 centimes pour sa "littérature". Il râle.
Il avait réussi à se tenir environ 20 minutes, avant de se lever et de poser une question totalement incongrue, idiote et indélicate à Agathe ; on le pourrit à deux et il ramasse son plateau. N'importe quoi, mais on est habitués.

A 18h et quelques, en voulant soumettre une ou deux questions à not'adjoint, je débarque en pleine crise identitaire et nerveuse, je ferme la porte de peur d'une explosion, et je le psychanalyse pendant une demi-heure sans pouvoir en placer une. Les 45 dernières secondes, j'ai placé ma ptite question, et on est partis.
Je rencontre dans la cour une collègue qui sort de nulle part (ou presque, niark) et j'ai ma confirmation qu'un jeune couple existe, je suis bien contente, j'oeuvrais depuis 6 mois dans ce sens.

Après tout ça, Carouf.

Au rayon fromages : Agathe. On débriefe la journée. A Carouf.

N'importe quoi !

Par Le Sioux Tapi - Ecrire un commentaire
Publié dans : Les mardi du sioux - Voir les 5 commentaires
Lundi 7 septembre 2009
L'épopée prévue a bien eu lieu.

J'aurais dû me munir d'un podomètre pour mesurer la distance parcourue (le bahut s'étalant sur 8 hectares tout de même...).

Non seulement j'ai marché vite parce que tout était urgent, mais j'ai été obligée de courir comme un kenyan pour remettre la sonnerie du bahut en route, c'est balot une journée de cours sans sonneries. Il était 8h28. Il y a deux bâtiments avec systèmes de sonnerie distincts et distant de trop de mètres, j'ai pas compté, je courrais.
A 8h32, j'étais bonne à reprendre une douche.

On a distribué les nouveaux emplois du temps dans toutes les classes.

Un collègue n'a pas compris comment dicter les nouveaux emplois du temps, donc on a eu les élèves sur le dos à chaque heure : pas de salle, pas de prof, pas de matière...

Ensuite on a su que les cartes de cantine étaient prêtes mais le monsieur de la cantine n'était pas content et ne me les avait pas données parce que j'ai changé de bureau ; sauf que j'ai changé il y a plus de deux ans, ça laisse le temps de s'en remettre.
Donc on a refait le tour des classes avec les cartes de cantine.

Il fallait aussi ramasser les fiches de renseignement élèves, mais tout entière absorbée par mes pérégrinations, j'avais oublié. Shame.
J'ai envoyé mes esclaves surveillants les chercher, je commençais à avoir mal aux pieds.

Des flopées d'élèves perdus, ou voulant faire signer les papiers de la CAF/de la bourse/de la carte de transports, ou bien encore voulant changer de classe, des non-affectés continuant à venir supplier pour avoir une place alors qu'il ne nous reste même pas une chaise, ont défilé inlassablement.

Entre temps, j'ai participé avec un immense plaisir à la surveillance de la cantine : le premier jour, il est de tradition que tous les CPE y soient, car nous ne sommes pas à l'abri d'un déséquilibre énorme entre le 1er et le 2ème service (donc une foultitude d'élèves à encadrer, de nouveaux à aiguiller, de cartes inactives etc).
Eh bien les traditions se perdent un peu, ce sont uniquement les CPE-poires dont je fais partie qui s'y sont collés.
Demain, tintin oualou, la poiritude à des limites.
Donc une bonne heure et demie à piétiner au milieu de la meute affamée : mes pieds crient au secours.

Un café-clope sans clope pour moi, avec Titi, assises sur un bout de trottoir au soleil, et retour au bercail.

Des escaliers, des couloirs, des escaliers, la cour, des couloirs, des escaliers...

A 19h00, j'ai réussi à poser mes fesses dans mon bureau pour commencer à appeler les vilains absents qui ont commencé à m'agacer dés le début. Mes pieds m'ont dit merci pendant une heure.

Je n'aurais peut-être pas dû mettre mes chaussures neuves de rentrée.
Par Le Sioux Tapi - Ecrire un commentaire
Publié dans : Le sioux au boulot - Voir les 7 commentaires
Dimanche 6 septembre 2009
Demain matin, c'est la journée à thème "jeu de piste".

- Les CPE doivent trouver très vite à leur arrivée les emplois du temps de leurs classes, avec des modifications importantes à dicter (les numéros des salles par exemple, une broutille)

- Les profs doivent trouver très vite leurs élèves dans une salle dictée la semaine dernière, qui a depuis été modifiée sur leur propre emploi du temps, ne correspondant plus à celui des classes. Ils devront aussi trouver la classe à laquelle ils doivent réellement faire cours.

- Les élèves connaissant le lycée doivent trouver très vite la salle qui leur a été indiquée, occupée sans doute par une autre classe dont le prof ssf (sans salle fixe) aura décidé de stopper son jeu de piste. Ces élèves devront donc partir en quête de leur prof (s'ils en connaissent la tête/s'il est nommé/s'il n'est pas en arrêt/s'il n'a pas cours théoriquement avec une autre classe...) à travers le lycée.

- Les nouveaux élèves doivent se repérer dans le lycée, trouver une salle qui ne leur a pas été donnée pour retrouver un enseignant qu'ils ne connaissent pas qui est lui-même en train de chercher une autre classe ou chez lui car son emploi du temps ne comprend pas le lundi.
Ces nouveaux élèves ne pourront quasiment pas se repérer à plusieurs car ils ne se connaissent pas, et naviguent au milieu de dizaines d'autres classes qui cherchent leur salle/leur prof... Ils viendront voir leur cpe ou les surveillants qui sont en fait dispersés dans le bahut, ils attendront devant des portes closes.

Pour boucler la boucle, les cpe devront aller dicter des emplois du temps faux à des classes qui navigueront, perdues dans l'établissement, en croisant des profs (dont le véritable emploi du temps ne sera distribué dans les casiers que demain) pensant avoir cours avec des classes improbables dans des salles non identifiées, occupées exceptionnellement par LE collègue sioux qui aura réussi à choper sa classe et à annexer cette salle au hasard.

Tous ces naufragés finiront inéluctablement devant les bureaux des cpe, censés avoir les emplois du temps à jour. Hum.

Et on recommence au minimum dans 15 jours, pour les emplois du temps dits "définitifs" (mouarf).

Par Le Sioux Tapi - Ecrire un commentaire
Publié dans : Le sioux au boulot - Voir les 5 commentaires
Mardi 1 septembre 2009
Sans commentaire.









Signé : le Sioux flapi.
Par Le Sioux Tapi - Ecrire un commentaire
Publié dans : Les mardi du sioux - Voir les 3 commentaires
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés